Travaux artistiques d'Ariane Sirota

Clap de fin

These informations are available in english in 2 posts : This is the end and Final Curtain

L’exposition au Third Space s’est achevée vendredi 28. Voici ce dont avaient l’air ses murs le jour dit :

Le plus pratique pour voir tout cela de plus près reste ceci :

La sculpture déplacée a persisté encore quelques jours malgré la pluie :

Les eaux n’ont pas chassé toute trace du personnage immolé :

L’installation devant la vitrine de la galerie a été complétée et a suivi les derniers instants de l’exposition à l’intérieur :

Une dernière pièce a été installée auprès de l’eau :

Jan-Henrik que vous voyez porter fièrement notre personnage, m’a envoyé un message touchant au lendemain de l’installation. Je tente ici une traduction :

Ce garçon me rappelle mon père. Il n’avait que 16 ans quand il a été enrôlé. En Finlande, les enfants soldats étaient appelés « garçons de guerre ». Il a été envoyé sur le front russe. Il a bientôt tenté de s’échapper en se cachant dans le grenier de la maison de sa mère. Là, la police militaire l’a découvert et le tribunal militaire l’a condamné à mort. Du fait de son jeune âge, sa sentence a été commuée en emprisonnement à vie et il a été envoyé dans un camp pour les prisonniers de guerre russes. Puis la guerre pris fin. L’accord de paix prévoyait la libération des prisonniers de guerre. Mon père a été libéré lui aussi. Il est rapidement devenu clair qu’il avait contracté la tuberculose au camp de prisonniers. Et il est mort quelques années après ma naissance. Voilà l’histoire de notre enfant soldat finlandais se tenant auprès du monument pour la paix.

Cette installation m’a semblé si forte qu’alors qu’il me restait une occasion de concevoir une dernière sculpture, j’ai préféré laisser le dernier mot à l’enfant soldat, avec la charge émotionnelle ajoutée par le témoignage de Jan-Henrik. Cela m’a semblé pouvoir boucler quelque chose du fait de la convergence du sors de trois des sculptures installées durant le déroulement du projet. En effet, le couple défait voit sa survivante déposée sur un autre mémorial, et la brûlée en est devenu un en quelque sorte.

Le dernier participant a veillé sur sa sculpture alors que la pluie s’est donc lourdement abattue sur la ville vendredi matin.

Voici une traduction d’un autre émouvant message reçu de sa part :

Je ne voulais pas qu’il reste au sol et soit réduit en pièces sous les pieds des passants, écrasé par une voiture, ou jeté par les éboueurs de la ville, donc… Je l’ai jeté dans la mer, pour qu’il s’y désintègre et rejoigne les milliers de marins qui l’ont précédé. A mes yeux, c’était plus respectueux et cohérent avec son identité. Bien sûr, il n’était qu’une icône de papier, le symbole de quelque chose, les symboles peuvent guérir et porter des significations plus profondes.

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