Travaux artistiques d'IanE Sirota

Les murs se préparent

Je viens d’arriver à mon ancienne adresse dans l’Hérault. Devant nous, quatre jours pour transformer l’appartement en espace d’exposition. Alors que la rénovation a commencé il y a plus de 15 ans, elle ne sera pas achevée par mes soins. Si quelques retouches seront faites d’ici samedi, cela restera difficilement comparable à l’ampleur des forces mises au service du nouveau chantier à quelque 600 km de là.

En Charente Maritime, la pièce qui deviendra mon bureau et l’entrée de l’espace d’exposition, a connu de grandes transformations au début des opérations :

La dernière image de ci-dessus remonte à janvier. D’autres aspects du chantier ont réclamé notre attention et dans la précipitation pour suivre le rythme es interventions des professionnels, c’est devenu un lieu de stockage.

Des demis-chevrons récupérés de l’ancienne toiture y ont été entassés des mois durant. Ce n’est que la semaine passée que nous avons percé le mur afin de pouvoir entreposer les bois dans ce qui deviendra la galerie sans avoir à faire le tour du pâté de maison. Les premières pierres de l’ouverture dans le sens de la visite ont donc été déposées. Et les pierres de tailles récupérées de la démolition du mur de refend remisées hors de la pièce afin de pouvoir achever son terrassement avant la livraison des graviers dans quelques semaines.

D’autres travaux de force se profilent pour la suite de l’été. La reprise des fissure, le lissage et la peinture qui nous attendent d’ici le vide-atelier ressemblent presque à un pause.

La sensation de relâchement vient aussi du fait de la résolution de tensions apparues il y a un mois, alors que nous faisions route vers Bédarieux, aussi. Pôle-emploi m’avait fait parvenir des messages lapidaires et mal polis si je puis dire. Après plusieurs semaines sans réponse de leur part, le message d’explication qui m’est parvenu ne comportait aucune excuse, aucune marque de considération pour l’angoisse générée par leur inconséquence sur le fond et la forme. Contrairement à ce qui apparaissait sur mon dossier lorsque que je l’ai consulté entre la fin mai et mi-juin, mes droits sont bien ouverts pour les mois à venir, comme l’indiquait le courrier reçu mi-mars.

Si je reste soulagéE de l’issue me concernant, je me demande combien de personnes se sont trouvées dans la même situation. Combien avec des conditions de vie plus précaires que les miennes, sans entourage pouvant rappeler leur soutien, matériel au besoin, mais aussi pour leur santé mentale dans l’attente et au-delà. Et qui a entendu parler du traitement de Yann Gaudin par sa hiérarchie se demande si les allocataires qui n’auront pas osé poser de question verront bien leurs droits rouverts comme il se devait. J’en imagine (encore portés par l’envie ou le besoin de croire aux valeurs affichées dans les discours ou sur les frontons) considérer que j’exagère. Pourtant, qui ignore encore que nous sommes déjà beaucoup à ne pas comprendre les calculs et recalculs (parfois répétés) de la CAF ? Sans compréhension, le traitement de nos dossiers apparaît arbitraire. Quand on est déjà dans une relation de dépendance vis-à-vis des institutions (pour sa subsistance en l’occurrence), ne pouvoir anticiper l’incidence d’une reprise d’activité, partielle ou non, ou de la déclaration d’un arrêt maladie (savez-vous que l’ARE alors suspendue en sera prolongée d’autant (source)?), ça n’aide pas à formuler un projet sereinement (pas même un projet bien dans les clous dans la grille de lecture des conseillerEs en insertion professionnelle). Ça a un coût sur l’énergie mobilisable, ça a un coût en terme de santé mentale. On parle de subsistance, on parle de la vie de personnes réelles, au-delà des statistiques sur la pauvreté.

Quand je pense que Pôle-emploi avait mobilisé les moyens d’embauche de personnel de sécurité pour la période de mise en œuvre du deuxième volet de la réforme du chômage… Ils savent quel effet cela produit. Ils savent que le taux de mortalité des chômeurs est plus élevé que celui des actifs. DEPUIS DES ANNÉES. ILS SAVENT.

C’est presque la moitié de l’année 2020 qui s’est écoulée, et c’est encore et toujours le terme nécropolitique qui me semble le plus pertinent à répéter pour éclairer ce que quelques uns voudraient laisser dans les angles morts omniprésents. Des implicites si éloquents que certains se permettent de déclarer tout haut qu’il y a une portion congrue de morts inévitables au regard du maintient de leurs libertés. C’est pas joyeux, ni appétissant, mais heureusement qu’on est encore beaucoup à ressentir que c’est gerbant.

Il y a de la joie dans les moments partagés avec celleux qui partagent ce genre d’indignation, et je me réjouis à l’approche du rendez-vous de samedi de 14h30 à 21h pour le vide-atelier à prix libre. Pour rappel, il est nécessaire de venir avec son masque ! Cela se déroule dans des locaux d’habitation, donc on ne peut pas systématiquement se tenir à distance raisonnable.

Aperçu de la variété des travaux disponibles

En attendant, de nouvelles photos ont été ajoutées à la rubriques Reflets :

Elles ont été prises dans un rayon de deux kilomètres autour de ma nouvelle adresse.

Prenez soin de vous, à la prochaine !

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