Travaux artistiques d'IanE Sirota

Fins attendues

Je me souviens de la peur, de l’angoisse ressentie en rédigeant l’article du début de l’année, à cause de la triste certitude qu’il y aurait beaucoup de mortEs et de blesséEs avant que les situations puissent changer en mieux. Les semaines passent et démontrent encore et encore la pertinence du concept de nécropolitique pour éclairer les ressorts à l’œuvre. Des pancartes qui jettent une lumière éblouissante sur les faits me viennent en tête : « l’état nous préfère mortEs » dans les mobilisations contre le SIDA, ou « We’re not trying to start a race war, we’re trying to end one » sur une photo prise aux USA récemment.

Je me réjouis que les luttes anti-racistes et contre les violences policières en France trouvent enfin une chambre d’écho d’une nouvelle ampleur. Voir les images de foules rassemblées devant les tribunaux à Paris, Montpellier et ailleurs fait chaud au cœur. J’ai souvenir d’avoir scandé en chœur « la police fait son travail, ça crève les yeux » au sein d’un cortège bien moins nombreux dans les rues de la préfecture héraultaise.

Pour paraphraser Audre Lorde, nous ne vivons pas des vies avec un seul problème. C’est pourquoi un autre mouvement m’a semblé un signe d’espoir, celui qui réunit une vingtaine d’organisations autour de 34 mesures de sortie de crise. La rédaction de pareil document en un aussi large collectif peut déjà être considéré comme un tour de force par qui a un minimum d’expérience militante.

J’aurais aimé que cela aille encore plus loin, c’est sûrement la limite de l’exercice. La présence du DAL parmi les co-signataires qui m’avait fait espérer voir questionnée la notion de propriété lucrative. Ce n’est que récemment que l’expression est arrivée à mes oreilles. Elle m’a fait le même effet que certains slogans tels ceux évoqués plus haut. Une éloquence étourdissante, puis nourrissante. Sur le terrain du logement, obtenir l’application du droit existant représente une importante transformation vis-à-vis du status quo. Ce minimum changerait déjà la vie de beaucoup de monde. C’est une revendication qu’on ne peut taxer d’utopisme, si ?

Propriété lucrative. Cela faisait un moment que je m’escrimais avec « capitalisme immobilier ». Dans un débat, je voyais bien que cela ne prenait pas. Mots respectivement trop utilisés pour n’avoir perdu une partie de leur portée. Pour redonner du sens et mettre en lumière l’effet sur les corps d’abord les corps racisés, non conformes dans le genre et/ou aux standards actuels de minceur et de mobilité j’aurais envie d’écrire à nouveau. Déjà, j’ai retrouvé un peu de dynamique côté photo. Ce n’est pas faute d’image dans mes tiroirs numériques que cette mise à jour est en retard. La perte des repères temporels au gré de la période de confinement y est pour quelque chose. Tout comme la confusion spatiale avec les lieux qui nous sont autorisés à la visite suivant les distances et les dernières semaines écoulées.

Le dernier bouleversement qui m’a fait perdre mes moyens est tout récent. Ces derniers jours, ma vulnérabilité personnelle a été remise au jour, ma subsistance menacée. Outre l’entrée en application du deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage, il y a le conditionnement des allocations aux revenus du « ménage » qui produit des situations écœurantes, surtout avec des seuils aussi bas, incohérents avec des indicateurs qui n’ont pas encore été abolis, tel le seuil de pauvreté. Pour rappel, le montant du RSA couple représente quasiment 20% de moins que le seuil de pauvreté pour une personne seule.

Pour soutenir les plus précaires et les droits de toustes, il y a l’embarras du choix côté pétitions : https://go.lemouvement.ong/petitions/assurancechomage ou http://chng.it/XhW4pQkN5t, par exemple. Et je ne doute pas que d’autres formes d’actions apparaîtront ici et là avec la créativité et l’énergie du désespoir de certainEs.

Concernant la situation spécifique des artistes auteurices, la pétition est par là.

Dans ce contexte, je serais rassuréE de voir mon déménagement trouver un terme à une date pas trop lointaine. Pour y voir plus clair dans les volumes et dans le temps, j’annonce un rendez-vous d’adieux à mon ancienne adresse avec un vide-atelier à prix libre. Le samedi 4 juillet de 14h30 à 21h, venez trinquer avec nous et repartez avec un petit ou un gros souvenir si le cœur vous en dit. On prévoit une large plage d’ouverture afin de ne pas être trop nombreuseux à la fois, c’est aussi pour cela que l’adresse n’est pas précisée ici, merci de signaler votre intérêt pour l’événement par courriel (ariane.sirota’arobase’gmail.com) afin d’obtenir les informations complémentaires. À celleux qui connaissent déjà l’endroit et qui se prépareraient déjà à venir sans m’écrire, pensez à vous munir d’un maque pour évoluer tranquillement dans les quelques couloirs et en cas d’affluence, et vous pourrez bien sûr vous laver les mains sur place.

Des peintures seront accrochées aux murs, des sculptures disposées sur les tables, on pourra feuilleter parmi les différentes séries de photos, etc.

Si une œuvre en particulier a retenu votre attention ces dernières années et que vous craigniez qu’elle vous passe sous le nez, n’hésitez pas à me faire signe sans attendre le jour J afin qu’elle soit mise de côté.

Les pièces les plus imposantes ne seront pas assemblées telles :

Elles sont plus faciles à transporter en pièces détachées dans leur emballage adapté. On pourra convenir d’un rendez-vous pour un montage ultérieur chez vous au besoin. Et si vous ne pouvez être au rendez-vous tout en ayant envie de vous offrir une pièce, notez que les photos ayant un format maximum de 30x40cm peuvent être envoyées par la poste sous enveloppe rigide. Cela concerne des séries comme L’Eaufant, Petites Séries, ou Castagne, ainsi qu’une bonne partie de Grilles… et fouillis végétal, par exemple.

Et c’est à la rubrique Fouillis Végétal que s’ajoutent une demi-douzaine d’images ce mois-ci :

Je crois pouvoir dire que toutes ces images proviennent de mon environnement direct, à moins de 50 mètres à la ronde autour de ma nouvelle adresse, j’espère donc que les adieux à Bédarieux ne seront tristes pour personne. On a bien assez de deuils à gérer ces temps-ci.

Prenez soin de vous, à la prochaine !

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