Travaux artistiques d'IanE Sirota

Envie de préparer la rentrée ?

La semaine dernière, j’ai reçu la plaquette de présentation de saison de la Médiathèque de Villars.

Pareille diffusion bien en amont d’une exposition n’est pas (encore) dans mes habitudes, recevoir un exemplaire à la maison non plus. Ma petite joie a malheureusement vite été ternie en ouvrant le document.

La médiathèque de Villars offre une salle d’exposition d’un volume conséquent et un équipement lumière qui semble adapté. La programmation est définie par un comité de sélection. Apprendre que mon dossier avait été retenu (au milieu des refus que je ne compte plus) avec une possibilité d’exposer avant la fin de l’année 2018 (dont le programme me semblait trop peu dense) m’a pousséE à accepter la proposition malgré l’absence de défraiement kilométrique et le fait qu’il m’incombe de fournir le buffet du vernissage.

Qu’on me demande des éléments pour la communication m’avait semblé plutôt bon signe même si mon dossier de candidature contenait tout ce qui était nécessaire. Je sais comment les services dédiés à la communication peuvent fonctionner, et la pertinence de recevoir précisément le type de fichier attendu pour monter les maquettes des documents. Après les polémiques sur « l’écriture inclusive », et puisque mon travail, et son propos politique de plus en plus explicite, étaient invités, je ne m’attendais pas à pareil traitement. Personne n’a jugé bon de me contacter pour recueillir mon accord sur le texte amendé, ou me prévenir qu’il l’avait été. Mon pronom ont été modifié comme s’il s’agissait de coquilles sans signification.

Il y a quelque temps, autour de moi, des personnes lisant assidûment ce site m’ont dit leur inquiétude à me lire exprimer ma fatigue si souvent. J’ai essayé de laisser cette sensation de côté. D’accepter les situations récurrentes qui me la faisaient ressentir afin d’y laisser le moins d’énergie possible. Et pendant un temps, les effets produits n’étaient pas désagréables.

Ces derniers jours, j’ai reçu un certain nombre de refus, comme d’habitude, dont un d’un nouveau type : j’avais même pas postulé au dernier festival qui m’a envoyé une réponse négative. Cela a redonné du relief à la litanie des rejets.

Si mon agenda 2018 comporte beaucoup moins d’expositions que les années précédentes, c’est parce que j’ai envoyé moins de candidatures, j’ai choisi des lieux qui me semblaient susceptibles d’accueillir mon travail dans de meilleures conditions, au moins matérielles, puisque les informations concernant celles-ci sont les plus faciles à obtenir.

Plus tôt ce mois-ci j’avais été interpelléE sur le sujet des mauvaises conditions d’exposition dans les lieux militants, autour du dernier épisode retentissant au Centre LGBT de Paris-IdF. Malgré l’ampleur de l’incident, cela n’a suscité en moi aucune surprise. L’érosion de mes réponses émotionnelle en la matière est telle que je suis loin d’avoir ressenti autant d’indignation que Cy Jung, qui battait le rappel. Sûrement aussi parce que, loin de la capitale, j’ignorais beaucoup de la santé de l’association, et donc de quoi cette affaire pouvait sembler un symptôme.

Devant la déception de collègues artistes, il m’est arrivé de défendre des événements artistiques parce que leur portée politique me semblait d’importance, ayant été témoinE et bénéficiaire de l’empuissancement féministe qu’ils impulsent et promeuvent. Et ce alors que j’en revenais sans la pièce que j’avais apportée tant le décrochage avait manqué de soin. Cependant, cette année, je n’ai pas tenté d’exposer à nouveau dans les lieux ou lors des événements qui n’avaient pas montré assez de respect pour l’intégrité de mes œuvres par le passé. Je n’avais pas l’énergie de m’exposer à nouveau à pareille déconvenue. Parce que j’ai beau comprendre les difficultés inhérentes à l’organisation de tel ou tel événement, à la formation d’un collectif de bénévole qui gagnerait en savoir faire puisque beaucoup ne peuvent s’investir autant de temps année après année. J’espère toujours que certains des écueils d’un édition n ne se reproduise pas à n+1.

Je suis fatiguéE. FatiguéE de rencontrer les mêmes freins, et du manque de considération pour biens des aspects de ce que signifie préparer une exposition. Et fatiguéE d’être mégenréE.

J’ai choisi d’en faire moins en espérant faire mieux. Ça marche pas terrible. Et ça me fatigue.

Ça me donnerait presqu’envie de me remettre à en faire plus, si j’en avais l’énergie.

Je profite donc des vacances que mes sœurs et mes amiEs viennent passer chez moi pour me ressourcer en leur compagnie. J’en ai bien besoin. L’atelier est remisé pour quelques semaines car la maison va bientôt connaître un pic de fréquentation et un sommier temporaire a déjà été mis en place dans un coin de mon espace de travail. Il reste encore pas mal de rangement à faire pour que ce soit assez propre et confortable pour les quelques nuits durant lesquelles je céderai ma chambre.

Les nouvelles images ajoutées en parallèle de l’article du mois sont allées grossir la rubrique Perspectives :

Grosses bises aux NantaisEs au passage,

Prenez soin de vous et à la prochaine !

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